Quand Marinete est arrivée dans le Conjunto Palmeiras en 1973, le quartier n’était qu’un no man’s land. Il n’y avait rien que « des serpents et de la terre » sur des kilomètres alentour, aime-t-elle à répéter. Sur le terrain de Marinete, des habitants se réunissaient régulièrement sous un manguier pour protester contre leurs conditions de vie. Au départ, Marinete regardait d’un oeil distant ces rencontres. Elle était trop absorbée par son travail et les tâches domestiques. Puis elle s’est mêlée aux conversations.
Marinete a alors commencé à participer activement aux discussions, et à s’impliquer toujours plus dans l’association dont elle est rapidement devenue présidente. Elle a exercé pas moins de 5 mandats ! Analphabète, Marinete a appris à lire et à écrire grâce à son engagement militant. Elle est devenue membre de la Fédération des quartiers et favelas de Fortaleza où elle représentait l’ASMOCONP et a longtemps milité au PC do B (l’un des partis communiste brésilien).
Marinete a accompagné le processus de création de la Banque Palmas. Son mari, Elizeu, est décédé quelques jours seulement avant le lancement du club de troc qui allait donner naissance à la monnaie sociale, le Palmas. Fidèle à son engagement, Marinete a refusé qu’on décale le lancement pour les funérailles, et a au contraire mis à profit la cérémonie des condoléances pour inciter les visiteurs qui venaient lui faire part de leur soutien à se rendre à l’inauguration du club d’économie solidaire.
Marinete est incontestablement considérée comme la gardienne de la mémoire des luttes des Palmeiras. Par sa présence quasi quotidienne dans les murs de la Banque, elle symbolise la transmission de l’histoire du quartier aux jeunes générations qui travaillent au sein de l’Institut Palmas.






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